Alors que la plupart des entreprises parlent de décarbonation, peu savent réellement ce qu’est la directive CSRD, qui elle concerne, et ce qu’elle implique concrètement pour les chaînes logistiques. Ce guide synthétique vous permet de comprendre les enjeux de cette réglementation européenne entrée en application en 2024, et d’anticiper ses conséquences sur vos relations avec vos prestataires transport et logistique.
Qu’est-ce que la CSRD ?
La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) est une directive européenne adoptée en 2022 et progressivement entrée en application depuis 2024. Elle oblige les entreprises concernées à publier chaque année un reporting détaillé sur leur performance environnementale, sociale et de gouvernance (ESG), selon un référentiel standardisé appelé ESRS (European Sustainability Reporting Standards).
L’enjeu : apporter aux investisseurs, partenaires commerciaux et parties prenantes une vision fiable et comparable de la performance durable des entreprises européennes.
Qui est concerné ?
L’application de la CSRD est progressive, selon la taille de l’entreprise :
- Depuis 2024 : grandes entreprises cotées et d’intérêt public (> 500 salariés) — applications effectives en 2025 pour l’année 2024
- Depuis 2025 : toutes les grandes entreprises (critères : > 250 salariés, > 50 M€ de CA, ou > 25 M€ de bilan — 2 critères sur 3)
- À partir de 2026 : PME cotées en bourse avec dérogation possible jusqu’en 2028
- À partir de 2029 : certaines entreprises non-européennes avec activité significative en Europe
Si votre entreprise n’est pas directement concernée, elle peut l’être indirectement : ses clients soumis à CSRD vont lui demander des données pour consolider leur propre reporting (notamment sur l’empreinte carbone des prestations achetées — scope 3).
Les informations à reporter
La CSRD impose un reporting structuré selon le principe de double matérialité : l’entreprise doit analyser ses impacts sur l’environnement et la société (matérialité d’impact), ET les risques et opportunités que ces enjeux représentent pour sa propre performance financière (matérialité financière).
Les principaux domaines couverts :
- Climat (ESRS E1) : émissions GES scope 1, 2 et 3, trajectoire de décarbonation, exposition aux risques physiques et de transition
- Pollution (ESRS E2) : émissions polluantes dans l’air, l’eau, les sols
- Ressources en eau (ESRS E3) : prélèvements, rejets, impact sur les masses d’eau
- Biodiversité (ESRS E4) : dépendances et impacts sur les écosystèmes
- Économie circulaire (ESRS E5) : ressources matérielles, déchets, durée de vie des produits
- Effectifs et conditions de travail (ESRS S1 à S4) : diversité, santé-sécurité, formation, relations avec les communautés
- Gouvernance (ESRS G1) : éthique des affaires, lobbying, politique anti-corruption
Le scope 3 : le défi des chaînes logistiques
Pour les entreprises industrielles et distribution, le scope 3 représente souvent plus de 80 % des émissions totales. Il recouvre les émissions indirectes non couvertes par les scopes 1 (émissions directes) et 2 (énergie achetée), notamment :
- Les achats de biens et services (y compris prestations logistiques et transport)
- Le transport amont et aval (y compris les livraisons effectuées par vos transporteurs)
- L’utilisation des produits vendus et leur fin de vie
- Les déplacements professionnels et domicile-travail des salariés
En pratique, cela signifie que vos prestataires transport et logistique sont des fournisseurs scope 3 critiques. Pour établir votre reporting CSRD, vous aurez besoin de données chiffrées de leur part sur les émissions liées à leurs prestations pour votre compte.
Ce que vos prestataires transport et logistique doivent pouvoir vous fournir
Pour un reporting CSRD robuste, attendez de votre partenaire logistique les données suivantes :
Côté transport
- Kilométrage total parcouru pour votre compte, par trajet ou par mois
- Type de véhicules utilisés (tonnage, norme Euro)
- Type de carburant (diesel, HVO, B100, GNV, électrique) et consommation associée
- Facteurs d’émission appliqués et méthodologie (base ADEME recommandée)
- Émissions CO₂ équivalentes par trajet ou par tonne.kilomètre
Côté logistique
- Consommation énergétique des sites (électricité, gaz) avec part d’énergie renouvelable
- Nombre de m² de stockage alloué à votre activité
- Estimation des émissions liées à vos opérations de stockage et de préparation
- Données sur la gestion des déchets générés par vos opérations
Côté méthodologie
- Référentiels utilisés (GHG Protocol, bilan carbone, etc.)
- Périmètre précis du reporting (quelles activités sont incluses)
- Fréquence de mise à jour des données
Comment RT Global Solution accompagne ses clients CSRD
Nos équipes se sont préparées à cette évolution réglementaire :
- Un reporting CO₂ transport disponible à la tournée ou au mois, selon les besoins de nos clients, basé sur les facteurs d’émission ADEME actualisés
- Une comptabilité énergétique de nos sites logistiques, avec part d’énergies renouvelables quand applicable
- Une démarche de décarbonation active avec le déploiement progressif du HVO, qui se traduit par une réduction mesurable de l’empreinte des prestations concernées
- Une relation partenariale avec les directions RSE de nos clients, pour adapter nos outputs à leurs exigences spécifiques
Notre approche : fournir des données fiables et documentées que vos auditeurs CSRD pourront vérifier, plutôt que des estimations marketing non exploitables.
Anticiper pour ne pas subir
Même si votre entreprise n’est pas directement concernée par la CSRD, nous vous conseillons d’engager dès maintenant les discussions avec vos prestataires sur leur capacité à produire les données dont vous aurez besoin. Les premières années d’application montrent que beaucoup de chargeurs découvrent trop tard que leurs prestataires ne peuvent pas fournir les données scope 3 attendues.
Chez RT Global Solution, nous sommes à votre disposition pour discuter de vos enjeux CSRD et adapter nos prestations à vos exigences de reporting.
